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Quelle diversification alimentaire à partir de 6 mois ?


Selon les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé, l’alimentation principale du bébé doit être l’allaitement ou le lait infantile exclusivement, et cela jusqu’à 6 mois. Quelle diversification alimentaire peut-on proposer ensuite ? C’est ce que nous vous proposons de découvrir dans cet article.



De nombreuses études scientifiques mettent l’accent sur l’importance d’un microbiote de qualité pour éviter les futures maladies de civilisation comme les allergies, l’obésité, les maladies inflammatoires. L’avancement de recherches anglo-saxonnes sur le lien entre l’alimentation et des troubles comme l’hyperactivité, l’autisme, le déficit d’attention, la dyslexie, la dépression et la schizophrénie a permis d’établir un traitement naturel sous la forme d’un régime alimentaire, le régime GAPS, évitant dans un premier temps toutes les céréales, les féculents, le sucre, les légumes secs et le lactose.


La diversification alimentaire retenue ici s’inspire largement de ce régime. Elle peut être appliquée à titre préventif pour tout enfant en début de diversification alimentaire.


A partir de 6 mois, ou 4 mois pour un enfant au lait infantile vous pouvez proposer de nouveaux aliments mais sans ajout de sel, ni sucre, ni blanc d’œuf, ni graisses industrielles (huile de palme transformée, beurre à tartiner, margarine…). Le lait devra continuer à être consommé de façon complémentaire jusqu’aux 2 ou 3 ans de l’enfant.



Des aliments doux et protecteurs la 1ère semaine

Commencez par du bouillon de viande fait maison, riche en nutriments variés, facilitant la digestion et renforçant la paroi intestinale. Faire mijoter sans bouillir un morceau de viande avec os pendant 2 à 3 heures dans de l’eau de source avec 1 cuillère à soupe vinaigre de cidre ou de jus de citron. Retirez ensuite la viande de l’os et passer le bouillon.

Proposez du jus de carotte fraîchement pressé à l’extracteur, doux au goût. En début de repas, à midi, donnez 1 ou 2 cuillères à café, avant de donner le sein ou le lait infantile en réconfort. Augmentez progressivement les quantités.



Ajouter des probiotiques dès la 2ème semaine

Vous allez ajouter des aliments probiotiques naturels porteurs de bonnes bactéries : petit-lait obtenu par égouttage de yaourt fait maison, ou jus de légumes fermentés maison.

Le bouillon en cube industriel est déconseillé car hautement transformé et contenant des substances nocives. Les jus de légumes lactofermentés du commerce auront moins d’intérêt puisque pasteurisés.

C’est le moment de proposer des soupes ou purées de légumes, sans peau ni pépin, hors féculents comme pomme de terre, patate douce, panais. Les légumes sont cuits dans le bouillon en ajoutant 1 cuillère à café d’huile d’olive vierge de 1ere pression à froid ou 1 cuillère à café de beurre bio cru.

Vous pouvez commencer par 2 à 4 cuillères à café par jour d’une purée assez liquide puis l’épaissir petit à petit.



Renforcez les apports en protéines animales dès la 3ème semaine

Tout en conservant les aliments précédents, proposez de la viande bio bouillie cuite longuement à l’eau en laissant un peu de gras. La réduire en bouillie et l’ajouter à la soupe ou purée. Commencez de préférence par du poulet puis varier les viandes bio, et introduisez du bouillon de poisson : même préparation qu’avec la viande en laissant la peau de préférence, bien écaillée.

Faites-lui déguster une cuillère à café de yaourt maison à chaque repas.



Donnez un peu de couleurs les 4ème et 5ème semaines


Ajoutez ½ cuillère à café de jaune d’œuf cru bio à la purée de légumes en surveillant les réactions.


Si tout est bien toléré, proposez quelques cuillerées de pomme cuite à laquelle vous aurez ajouté du beurre, le tout à température corporelle.




Augmentez les protéines animales les 6ème et 7ème semaines

Continuez les aliments précédents et passez à 3 cuillerées à café de yaourt maison par repas, ou en les ajoutant à des biberons d’eau ou de jus.

Augmentez la quantité de jaune d’œuf cru jusqu’à 2 par jour, en les mélangeant à la soupe ou au bouillon de viande.

Augmentez les portions de viande jusqu’à 10g par jour la première année. Vous pouvez diminuer progressivement le lait infantile, mais pas le lait maternel.



A la découverte des crudités les 8ème et 9ème semaines


Augmentez la quantité de jus fraîchement pressé en y ajoutant un peu de yaourt ou de pomme crue.

Introduisez des légumes crus en toute petite quantité en commençant par de la laitue, du concombre, mixés et ajoutés à la purée ou soupe de légumes.

Si ces 2 aliments sont bien tolérés, ajoutez de la carotte, du céleri puis du chou et autres légumes bien mixés.



Vers une diversification aboutie à partir de la 10ème semaine

L’œuf brouillé bio peut être proposé avec un peu de beurre, pour bénéficier des protéines et antigènes complexes du blanc d’œuf.

Entre les repas, faites-lui découvrir un goûter de pomme ou de banane bien mûres crues. Les fruits doivent être dissociés des viandes dont ils ralentissent la digestion.

Les féculents et céréales n’ont pas été intégrés car ce sont des sucres complexes à digérer si le nourrisson présente une fragilité digestive. Ils peuvent être intégrés à ce stade par petites touches en surveillant les réactions éventuelles. Sans fragilité familiale, vous pouvez les intégrer plus tôt, une fois que les soupes ou purées de légumes sont bien tolérées.

Le sel naturel non raffiné riche en minéraux comme le sel de l’Himalaya ou le gros sel non transformé pourra être introduit en petite quantité à partir de 1 an pour laisser le temps en amont au système rénal de se former.


4 astuces pour une ambiance sereine

Soyez confiant(e) et détendu(e) afin que votre bébé ne sente pas votre anxiété. Un enfant ne se laisse jamais mourir de faim !


Prenez le temps de vous adapter au rythme de l’enfant, de lui proposer plusieurs fois le même aliment, soit une heure plus tard, ou le lendemain. En moyenne, 7 à 10 présentations peuvent être nécessaires pour qu’il l’accepte.

Introduisez le nouvel aliment dans le biberon, et n’utilisez la cuillère que dans un second temps.

Restez dans le plaisir partagé pour familiariser votre enfant à de nouvelles saveurs et textures, le lait étant l’aliment principal jusqu’à un an.

Focus : quel est le meilleur indicateur de la sensibilité digestive de votre enfant ?

Une constipation ou des selles très molles voire une diarrhée indique qu’il faut repousser l’introduction de l’aliment de quelques jours, voire plus.

Pour aller plus loin...


Sources :

Diversification alimentaire chez l’enfant allaité, Confiance partagée Dr Isabelle Graulich

Le syndrome entéro-psychologique GAPS du Dr Natasha Campbell-McBride

Bonnes bactéries et bonne santé de Gérard Corthier




Par Florence Paillard

Naturopathe à Chalon-sur-Saône (71)

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