L’intérêt de réaliser un macérât huileux de millepertuis


Le mois de juin est la période idéale pour réaliser l’huile de millepertuis. On vous dit tout sur les bienfaits de cette merveilleuse petite fleur jaune qui éblouit nos prairies et dont les vertus sont connues depuis l’antiquité. Suivez le guide, on vous explique tout…


Hier, j’ai eu la belle surprise de croiser en chemin cette jolie plante herbacée de 50 à 70 cm de haut.

Je ne l’attendais pas si tôt car jadis on l’appelait l’herbe de la St Jean. Le millepertuis éblouit par la beauté de ses petites fleurs. D’un beau jaune vif, il forme de jolis soleils. On lui donne de nombreuses vertus dont celles de lutter contre la dépression saisonnière, d’être analgésique, anti-inflammatoire, antibactérienne et cicatrisante. Facilement reconnaissable, on peut observer par transparence sur ses feuilles des petits points, d’où son nom latin qui signifie millepertuis perforé Hypericum perforatum L.


Un peu d’histoire

Au moyen-âge, on le cueillait le jour de la Saint-Jean car il était censé chasser l’Esprit des ténèbres et guérir les possédés. Du XVIème siècle au XVIIIème siècle, le millepertuis vit ses heures de gloire car très prisé et reconnu pour ses vertus thérapeutiques. Aujourd’hui, c’est devenu le "phyto-médicament" le plus prescrit contre la dépression nerveuse. Mais il a bien d’autres vertus utilisables en usage externe, voyons lesquelles…


De composition très complexe : résine, cire, huile essentielle, tanin, terpènes, pinène, eucalyptol, acides organiques etc. La plante fournit deux colorants. L'un jaune est nommé l’hypérine et le second de couleur rouge, porte le nom de hypéricine. À eux deux, ils représentent les principes actifs majeurs de la plante. Une fois transformée en macérât huileux, on l’appelle « l’huile rouge » en raison de la jolie teinte pourpre qu’elle révèle après la phase de solarisation (cf encadré). Elle est très prisée par les sportifs pour soulager leurs douleurs musculaires après un effort physique intense. D’ailleurs, si vous écrasez entre vos doigts un bouton floral, un jus rouge s’en échappera et tâchera vos doigts instantanément.


Les multiples vertus du millepertuis

En application externe, son effet anti douleur le rend efficace pour soigner les douleurs rhumatismales, articulaires, crise de goutte… Il agit aussi efficacement sur les coups de soleil.


Le millepertuis ne présente pas de toxicité, cependant il faut faire attention au risque de photosensibilisation. En effet, si vous appliquez un macérât huileux sur les coups de soleil, il est impératif de ne plus vous exposer les heures qui suivent. Notez aussi qu’en prise interne il existe des interactions médicamenteuses potentielles. Consultez toujours votre médecin pour vérifier que sa prise interne est adaptée à votre état de santé.


Retenez que les indications phares du millepertuis aujourd’hui sont la dépression légère à modérée en prise interne. En application externe, le millepertuis soulage les brûlures, les contusions, douleurs musculaires et rhumatismes grâce à une action anti-inflammatoire et analgésique.


Soyez toujours sûr(e) de ce que vous cueillez

Réaliser une huile de millepertuis n’est pas compliqué. Cependant, je vous invite à suivre ces quelques conseils pratiques pour une cueillette et une transformation en toute sécurité.


Lors de la cueillette, il est préférable de prélever principalement les fleurs de la plante, composée majoritairement de boutons floraux, car ils contiennent une concentration des principes actifs.

Ne cueillez que dans un lieu où elle est abondante. Prélevez délicatement ce dont vous avez besoin en conservant le pied sur place. Glanez ici et là pour ne pas affaiblir la présence de la fleur sur son territoire.

Cueillez dans un endroit vierge de toute pollution. Évitez les bords de route, voies de chemin de fer, friches… Une fois cueilli, n’attendez pas plus de 2 heures pour le transformer afin de conserver un maximum de molécules actives. Si vous ne connaissez pas le millepertuis, demandez à une personne compétente qui saura vous guider. Soyez toujours sûr(e) de ce que vous cueillez. De nombreuses sorties botaniques sont organisées partout en France qui vous guideront dans la reconnaissance des plantes sauvages. Le réseau des CPIE (Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement) s'investit dans de nombreuses initiatives, y compris la reconnaissance des plantes sauvages. Renseignez-vous sur les activités organisées dans votre département. Deux applications, entièrement gratuites, vous permettent aussi d’identifier le végétal dans la nature : Plantnet et Flora Incognita.


Comment réaliser un macérât huileux de millepertuis chez soi ?

Remplir un bocal désinfecté et préalablement taré avec des sommités fleuries fraîches de la fleur, peser de nouveau puis recouvrir d’huile d’olive par exemple. Pour « capter » l’eau des fleurs fraîches, il est possible d’ajouter 40g de sel pour 100g de plante fraîche. Il est intéressant aussi de faire pré-faner la plante pendant quelques heures pour diminuer sa teneur en eau. Placer le bocal au soleil en le recouvrant d’un tissu épais afin de profiter de la chaleur du soleil sans pour autant que les composés soient altérés par les rayons UV. Laisser macérer 1 mois en remuant de temps en temps puis filtrer et embouteiller.


Par Nathalie Peaucelle

Naturopathe à Charbonnières-les-Bains (69) et Lasalle (30)

Accompagnatrice à la reconnaissance des plantes sauvages

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